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nARCISSE ET L'ENJEU DE TRANSFORMATION DES ENTREPRISES

Décryptage de l'oeuvre de Dali : "La métamorphose de Narcisse", conservée à Londres à la Tate Modern.

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Et si pour se transformer il fallait éviter de trop se mirer ? Et si pour innover il fallait apprendre à voir autrement ce que l'on côtoie tous les jours ?

La métamorphose de Narcisse

La scène est mortifère, angoissante, surréaliste car c'est une toile de Dali : "La métamorphose de Narcisse", conservée à Londres à la Tate Modern. D'abord, ce que la référence au conte mythologique nous dit : Narcisse tombe amoureux de son reflet dans l'eau. En voulant l'embrasser, il perd pied et se noie. Combien d'entreprises, fières de leur succès, se penchent un peu trop, tel Narcisse, pour admirer le reflet de leurs succès passés, de leurs parts de marchés établies ou de leurs Prix gagnés ?

Combien oublient de prendre le recul nécessaire pour éviter de tomber, poussées à l'eau par des acteurs venus d'ailleurs qu'elles n'avaient pas vu venir ? L'enjeu aujourd'hui est bien l'émergence de nouveaux acteurs plus rapides, différents, qui bousculent les règles et les codes des marchés. Ce tableau de Dali est là pour nous rappeler qu'à notre époque, le narcissique en entreprise, tue. Evident ? Pas si sûr...

Les collaborateurs de grands groupes installés sont nourris chaque jour par une masse d'activités et d'informations propres à leurs marchés qui les privent bien souvent du recul nécessaire pour être à l'écoute de la nouveauté venue d'ailleurs. En plus des diktats du reporting, de process, d'objectifs court termistes, voire de sous effectifs qui ne permettent pas les temps de recul salvateurs à l'entreprise, il y a aussi une psychologie particulière qui naît de la réussite : la réussite d'une entreprise, surtout lorsqu'elle est remarquable, fait que chaque collaborateur se l'approprie naturellement, et s'en contente.

Lorsque je travaillais chez PSA, lors de dîners entre amis, on m'interrogeait sur les derniers lancements, les dernières pubs. Et je disais "nous", fièrement, endossant sur mes petites épaules l'intégralité du Groupe auquel j'appartenais, ses résultats et ses décisions. En disant "nous", on appartient, c'est bien, mais l'écueil est aussi de se couper du reste du monde sans même en avoir conscience. La frontière entre l'intérieur et l'extérieur de l'entreprise devient alors un mur. L'entreprise pour laquelle on travaille devient le centre du monde, de notre monde. On devient Narcisse. Et l'entreprise finit, tôt ou tard, un jour, par être poussée à l'eau. Il est alors sans doute de la responsabilité des dirigeants, de tout faire pour encourager l'ouverture et la curiosité des collaborateurs pour autre chose que leur marque.

"Il est bien évident que voir de l'art dans ce contexte, ne peut pas faire de mal...

car l'art est une ouverture sur le monde, sur l'altérité, sur le passé et l'avenir.

L'art ouvre, stimule la curiosité et nous permet de nous entraîner à sortir sans cesse de

notre zone de confort. L'art nous permet d'aimer autre chose que notre reflet."

Mais et la fleur dans tout ça ?

Dali lui fait raconter la suite de l'histoire : à l'endroit même de la chute de Narcisse, apparaît une fleur qui prendra son nom. L'oeuf, et la fleur qui naît, c'est la renaissance, la transformation, la métamorphose. Et c'est là que l'oeuvre de Dali prend tout son intérêt lorsqu'on travaille sur la créativité : pour faire naître la fleur, il faut apprendre à déplacer son regard...

Comme le rappelle Christian Monjou, le regard anamorphique d'un leader lui permet de voir dans une même réalité, à la fois la menace et l'opportunité, le risque de mort prochaine et la capacité à se réinventer. Pour parvenir à voir l'oeuf et la fleur, c'est à dire pour parvenir à faire naître un nouveau possible, il est impératif de regarder le problème sous tous les angles, de le manipuler, de challenger les réflexes convenus pour en faire ressortir une nouvelle vision.

"Ainsi, ce tableau de Dali nous montre que la créativité et l'innovation participent de deux mouvements contraires : à la fois s'ouvrir sur l'inconnu, et en même temps se concentrer sur ce que l'on est."

Si à travers cet article, vous partagez notre vision prônant une meilleure utilisation des Arts dans les entreprises qui veulent se réinventer, n'hésitez pas à nous contacter, nous serions très heureux de partager avec vous nos réflexions et nos développements.

Florence Bost - florence@lacompagnie.paris - 0637361645

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